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2 décembre 2010

De la difficulté d'écrire à l'amour de la littérature

J'ai appris à lire, je m'en souviens parfaitement à six ans. J'étais au C.P et mon premier livre fut Les malheurs de Sophie. Lire a été une révélation. Mon imagination, déjà fertile, trouvait enfin un support où le fantasme remplaçait allégrement la réalité. Dés lors, je n'ai eu qu'une envie : écrire.
Mais c'est bien beau de vouloir écrire, il faut savoir ! Et ceci est un travail long, difficile. Les histoires naissent en moi, telle une lente gestation pour arriver à leur terme et se terminent trop souvent dans le fond d'un placard. Mort-nées de mon imaginaire qui ne rencontreront jamais le regard d'un lecteur car trop mauvais pour être lu, je préfère les oublier, enfin pas tout à fait... Certaines histoires que j'ai écrites restent dans ma mémoire et impossible d'y échapper. Comme si elles attendaient leur heure pour être enfin terminées véritablement. Ce que je voudrais vraiment c'est arriver à terminer une histoire et être satisfaite. Mais mon amour pour la littérature est une corde qui me tire toujours en arrière et me dit : "non c'est impossible, tu ne peux faire lire cette histoire, elle manque de substance, elle n'est pas terminée, ce ne serait qu'une imposture." Prenez cet escroc de Salinger et sa diarrhée manuscrite, j'entends par là : L'attrape-cœurs, et bien beaucoup d'auteurs feraient mieux de planquer leur texte au fond de leur placard ! Mais oublions les mauvais écrivains car heureusement de merveilleux textes nous transportent de bonheur et je vais de ce pas reprendre ma lecture.

23 février 2010

L’adolescente que j’étais

Je me rappelle parfaitement, dans toute sa clarté, les sensations que j’éprouvais quand j’étais ado. Les sentiments, les sensations, les désirs et les doutes qui habitaient mon corps et mon esprit pendant ces quelques années étaient si intenses, si incontrôlables, qu’ils me donnaient un puissant sentiment d’exister. Bien sûr l’égocentrisme et la bêtise frôlaient le paroxysme ainsi que la tristesse et la solitude. On se sent si seul quand on a cet âge ! Mais on se sent aussi si puissant. La mort n’avait aucune réalité. L’avenir n’existait pas. L’instant présent emplissait toute logique. Je vivais comme une parfaite imbécile dans mon fantasme mais je me sentais si vivante ! Je n’avais aucun projet pour l’avenir, d’ailleurs je ne foutais strictement rien à l’école car pour moi il n’y avait pas d’avenir. Je le regrette amèrement maintenant car je n’ai pas fait les études que j’aurais dû faire et à quarante ans mon avenir professionnel est au point mort. Il n’y avait pour moi que le sexe, les défonces en tout genre, les rencontres qui importaient. Le monde des adultes ne m’intéressait pas, je n’y avais pas ma place, d’ailleurs je n’ai jamais trouvé ma place dans cette société. C’est pour cela que je comprends si bien les ados qui m’entourent. Beaucoup d’adultes ont oublié à quel point on est fragile à cet âge, combien c’est difficile. Mes filles sont adolescentes et je les comprends parfaitement. J’essaie de les guider du mieux que je peux. Le plus important c’est qu’elles peuvent avoir confiance en moi. Même si elles savent que je ne vais pas être d’accord avec ce qu’elles font parfois, elles n’ont pas peur de me parler. La confiance c’est essentiel. J’espère les guider suffisamment bien pour qu’elles ne commettent pas les même erreurs que moi. En cela j’aurai trouvé ma place. Je suis née pour être leur mère.
 

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