Rien ne s’arrange. Si ce n’est l’amour que je porte à mes enfants, je crois bien que j’en finirai. L’existence me pèse de plus en plus. Je ne suis pas adaptée à cette société. Le monde me fait peur et je ne trouve ma place nulle part. Je deviens agoraphobe. Sortir de chez moi et affronter le climat de crise, d’angoisse et d’incertitude qui règne me terrifie de plus en plus. Je n’ai pourtant pas l’impression que je suis plus bête qu’une autre, ni que je ne vaux rien, non ce n’est pas ça, c’est l’agressivité qui domine, les conflits sous-jacent, les mesquineries et les petites méchancetés quotidiennes qui m’angoissent. Je suis restée loin du monde trop longtemps. Enfermée dans ma bulle, je regarde étonnée un monde qui m’échappe.
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30 juin 2010
La boule au ventre
Mots clefs :
agoraphobe,
amour,
angoisse,
enfants,
incertitude,
méchanceté,
mesquinerie,
monde
4 mai 2010
Lucidité
La vie est courte. La mienne le sera peut être et je laisse des abrutis en costumes cravates m’anéantir. Je suis jeune, enfin presque, je suis physiquement en bonne santé, pour le mental il y a des doutes, je ne suis pas vilaine à regarder, enfin j’espère, j’ai un brin de cerveau qui ne me sert pas qu’à me plaindre, sauf sur mon blog, j’ai 4 merveilleuses filles que j’idolâtre, un homme merveilleux qui m’aime et que j’aime depuis 22 ans, ce qui est devenue une denrée rare de nos jours, j’ai un frère extraordinaire qui me comprend mieux que moi-même et qui sans lui, je serai perdue, j’ai des amis qui m’aiment et qui m’apportent bien plus que ce qu’ils pensent, j’ai des rêves, des projets, un futur. Et je laisse cette société de merde me faire croire que je ne vaux rien. Ces vautours m’empêchent de dormir. Je les maudis et leur crache mon venin à la figure.
21 avril 2010
Responsabilité
Les responsabilités que j’ai dans ma vie, me paraissent bien trop souvent si lourdes à porter sur mes épaules, qu’elles m’écrasent littéralement. Avoir mis quatre enfants au monde est un merveilleux cadeau mais suis-je à la hauteur d’une telle responsabilité ? j’aime mes filles à la folie et je voudrais leur donner une vie heureuse mais si je ne suis pas heureuse moi-même, comment leur apprendre le goût du bonheur. Je m’apitoie sans cesse, me faisant passer pour une victime sous le prétexte que ma mère m’a abandonnée et que je traîne en moi ce sentiment d’abandon tel un filament qui me relie éternellement à mon enfance. Est-ce je ne me cache pas derrière cette peur pour ne pas affronter la réalité ? Je m’appuie si fort sur les épaules de mon homme que j’ai peur qu’il ne s’écroule un jour. Cette peur de le perdre me coupe le souffle, m’empêche de dormir, de sortir, d’affronter le monde. Je le laisse diriger nos vies car je n’ai pas de courage. Peut être que j’ai tord. Il me répète souvent que c’est pour nous qu’il se démène, que nous avons donné un sens à sa vie, qu’il nous aime et qu’il est heureux de nous avoir, que je suis le piler de cette famille, je ne sais pas, je n’ai aucune objectivité en ce qui me concerne, je ne m’aime pas assez pour avoir confiance en moi. Je suis insomniaque donc ma vie s’étire en une lente succession de nuits où j’essaie de dormir et d’interminables journées où j’essaie de me réveiller. Je n’ai pas assez dormi c’est peut être pour cela qu’aujourd’hui je broie du noir, ce n’est pas grave, demain est un autre jour.
18 mars 2010
Ma fille a 21 ans
Aujourd’hui ma fille aînée a 21 ans. Le jour de sa naissance, j’avais dix neuf ans, la maturité d’une gamine de 12 ans, l’expérience d’une ado délurée et pourtant je me suis sentie irrésistiblement envoûtée, débordante d’un amour incomparable à tout ce que j’avais pu ressentir dans ma courte vie. Ce minuscule nourrisson a envahi ma vie, mon être, est devenue le centre de mon univers. Quand elle a ouvert ses yeux de taupe myope, d’un bleu extraordinaire, son regard rivé au mien je crois qu’elle m’a reconnue. C’est débile, je sais, toutes les mères pensent ça, mais nous étions véritablement connectées elle et moi. Nous avons grandi en même temps. Elle a rendu le chemin plus facile pour ses trois petites sœurs. Elle est ma lumière, mon soleil. J’ai beaucoup de chance, j’ai des enfants extraordinaires. Elles me supportent et c’est déjà beaucoup !
8 mars 2010
Ma tribu
Il y a plusieurs jours que je n’ai pas écrit mais j’étais débordée. Les visites de ma maison se sont enchaînées, ensuite ma fille aînée qui fait ses études à Paris est venue en vacances et nous sommes restées ensemble, très souvent à discuter. Nous aimons bien refaire le monde et parler de tout. Je l’ai eu a dix neuf ans et j’ai l’impression d’avoir grandi avec elle. Nous avons une relation fusionnelle, elle est toujours là pour moi, même si la distance nous sépare. J’ai toujours essayé d’être une mère compréhensive, disponible et patiente pour mes filles. Je pense l’être ou du moins je l’espère, c’est si difficile de trouver l’équilibre. J’ai certainement commis des erreurs et elles peuvent se plaindre de moi mais dans l’ensemble, nous nous entendons bien. Nous sommes un clan bien soudé. Il n’y a pas que mes enfants dans ce clan, j’y intègre mes meilleures amies, leurs filles, mon mari, mon frère, les conjoints de chacun. Nous sommes une famille recomposée à notre façon. C’est ma tribu et je les aime tous.
9 février 2010
Mes enfants
Toujours fatiguée, épuisée parfois, je traîne mon corps comme un boulet. Les problèmes d’argent me rongent le peu de cervelle qui me reste quand à mes doutes sur mon existence ils augmentent avec mon déficit budgétaire. Mes filles sont des amours mais parfois, comme tous les enfants, elles me poussent dans les limites les plus extrêmes de la patience et je suis détestable avec elles. Je leur hurle dessus puis je m’en veux. J’ai l’impression qu’elles me puisent toute mon énergie, que je suis leur chose et qu’elles me vampirisent totalement. Je suis pourtant patiente, à leur écoute, d’une grande complicité avec elles mais ce n’est jamais assez. J’impose néanmoins des limites mais trouver l’équilibre est ce qu’il y a de plus difficile. Suis-je une bonne mère, je ne sais plus.
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