La vie est courte. La mienne le sera peut être et je laisse des abrutis en costumes cravates m’anéantir. Je suis jeune, enfin presque, je suis physiquement en bonne santé, pour le mental il y a des doutes, je ne suis pas vilaine à regarder, enfin j’espère, j’ai un brin de cerveau qui ne me sert pas qu’à me plaindre, sauf sur mon blog, j’ai 4 merveilleuses filles que j’idolâtre, un homme merveilleux qui m’aime et que j’aime depuis 22 ans, ce qui est devenue une denrée rare de nos jours, j’ai un frère extraordinaire qui me comprend mieux que moi-même et qui sans lui, je serai perdue, j’ai des amis qui m’aiment et qui m’apportent bien plus que ce qu’ils pensent, j’ai des rêves, des projets, un futur. Et je laisse cette société de merde me faire croire que je ne vaux rien. Ces vautours m’empêchent de dormir. Je les maudis et leur crache mon venin à la figure.
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4 mai 2010
21 avril 2010
Responsabilité
Les responsabilités que j’ai dans ma vie, me paraissent bien trop souvent si lourdes à porter sur mes épaules, qu’elles m’écrasent littéralement. Avoir mis quatre enfants au monde est un merveilleux cadeau mais suis-je à la hauteur d’une telle responsabilité ? j’aime mes filles à la folie et je voudrais leur donner une vie heureuse mais si je ne suis pas heureuse moi-même, comment leur apprendre le goût du bonheur. Je m’apitoie sans cesse, me faisant passer pour une victime sous le prétexte que ma mère m’a abandonnée et que je traîne en moi ce sentiment d’abandon tel un filament qui me relie éternellement à mon enfance. Est-ce je ne me cache pas derrière cette peur pour ne pas affronter la réalité ? Je m’appuie si fort sur les épaules de mon homme que j’ai peur qu’il ne s’écroule un jour. Cette peur de le perdre me coupe le souffle, m’empêche de dormir, de sortir, d’affronter le monde. Je le laisse diriger nos vies car je n’ai pas de courage. Peut être que j’ai tord. Il me répète souvent que c’est pour nous qu’il se démène, que nous avons donné un sens à sa vie, qu’il nous aime et qu’il est heureux de nous avoir, que je suis le piler de cette famille, je ne sais pas, je n’ai aucune objectivité en ce qui me concerne, je ne m’aime pas assez pour avoir confiance en moi. Je suis insomniaque donc ma vie s’étire en une lente succession de nuits où j’essaie de dormir et d’interminables journées où j’essaie de me réveiller. Je n’ai pas assez dormi c’est peut être pour cela qu’aujourd’hui je broie du noir, ce n’est pas grave, demain est un autre jour.
16 avril 2010
Jeanne
Ma grand-mère, Jeanne, est morte le 17 Avril 1991. En la perdant, une part de moi est morte. Elle a été le premier visage de ma vie, le premier amour, le plus grand avec mes enfants. Elle était la bonté et la tendresse, les bras qui réconfortent, la main tendue quand il n’y a plus personne. Elle était ma joie et mon bonheur. Je l’aimais tant que cet amour me donnait des ailes. Mes ailes sont tombées quand elle m’a quittée. Sa générosité, son empathie, sa bonté et même ses colères sont légendaires dans ma famille. Elle était le pilier sur qui tout le monde s’appuie. Sa vie n’a été qu’amour, partage, drame et don de soi. Elle a connu, la mort de son fils, la guerre, la misère, le travail pénible de l’usine, le quotidien de ces femmes qui donne toute leur vie à ceux qu’elle aime. Elle était un volcan de tendresse. Je pouvais tout lui dire, même les conneries. Elle ne me jugeait jamais, désapprouvait, s’inquiétait, me conseillait mais jamais ne me jugeait. J’avais une telle confiance en elle. C’est fondamental pour un enfant de pouvoir parler à l’adulte qui l’élève sans crainte de représailles terribles. Elle me protégeait et m’aimait. Grâce à elle je me sentais belle, intelligente, sure de moi. Elle jouait tous les rôles dans ma vie : elle était ma mère, mon père, ma grand-mère, ma meilleure amie. En la perdant j’ai perdue mes repères. Je n’avais que 21 ans, j’ai due me reconstruire seule. J’étais trop jeune. J’avais les bases mais je n’avais pas fini de grandir. Aujourd’hui, je n’ai plus de grand-mère, de père, de grand père, je suis orpheline. Aujourd’hui j’ai mes enfants, mon frère, mon mari, mes amis. C’est une belle famille mais pas un jour ne passe sans que je ne pense à elle, Jeanne, ma mémé , mon amour. J’espère être un dixième de la personne qu’elle était .Elle n’a connue que ma fille aînée. Elle en était folle. Je parle d’elle si souvent à mes enfants qu’elles ont l’impression de la connaître. C’était quelqu’un de remarquable, d’exceptionnel. Demain il y aura 19 ans qu’elle nous a quittés.
Mots clefs :
amour,
bonté,
exceptionnel,
famille,
fondamental,
grand-mère,
mémé,
tendresse,
vie
23 mars 2010
Mes amis
J’ai la chance d’avoir quatre très bons amis. Ma plus vieille amie, je la connais depuis 22 ans, est la marraine de mes filles, oui les quatre. Je suis athée mais je souhaitais que mes filles aient un parrain, qui est mon frère, et une marraine, de façon symbolique, construire un lien de parenté avec cette amie que j’aime beaucoup. Je suis moi-même la marraine de sa fille cadette. Depuis des années, elle vit à Nice mais nos rapports n’ont pas changés. Elle me connaît par cœur et j’ai toujours admiré sa force, sa détermination et son indépendance. C’est aussi le cas pour mes trois autres amis : Ils sont courageux, indépendants et déterminés. Mes amis - ils sont trois femmes et un homme - sont pour moi ma tribu, la famille que je me suis choisie. Je suis différente d’eux à bien des égards, je ne suis ni indépendante, ni courageuse, ni très déterminé, je suis différente et c’est peut être aussi pour ça qu’ils m’apprécient. Je voulais juste leur dire que je les aime tous, qu’ils sont importants pour moi et qu’ils m’aident bien plus qu’ils ne le croient à ne pas me perdre dans le néant.
8 mars 2010
Ma tribu
Il y a plusieurs jours que je n’ai pas écrit mais j’étais débordée. Les visites de ma maison se sont enchaînées, ensuite ma fille aînée qui fait ses études à Paris est venue en vacances et nous sommes restées ensemble, très souvent à discuter. Nous aimons bien refaire le monde et parler de tout. Je l’ai eu a dix neuf ans et j’ai l’impression d’avoir grandi avec elle. Nous avons une relation fusionnelle, elle est toujours là pour moi, même si la distance nous sépare. J’ai toujours essayé d’être une mère compréhensive, disponible et patiente pour mes filles. Je pense l’être ou du moins je l’espère, c’est si difficile de trouver l’équilibre. J’ai certainement commis des erreurs et elles peuvent se plaindre de moi mais dans l’ensemble, nous nous entendons bien. Nous sommes un clan bien soudé. Il n’y a pas que mes enfants dans ce clan, j’y intègre mes meilleures amies, leurs filles, mon mari, mon frère, les conjoints de chacun. Nous sommes une famille recomposée à notre façon. C’est ma tribu et je les aime tous.
3 février 2010
Mes parents
Ce support bizarre qu’est pour moi ce blog me facilite les mots. C’est à la fois de l’exhibitionnisme puisque je dévoile mes pensées les plus intimes et en même temps très confortable de par son anonymat. Quand les mots sont écrits, ils perdent de leur puissance et mes pensées me paraissent étrangères après les avoir relues. Ainsi le fait de m’autoflageller par le biais des mots me renvoie à la réalité qui n’est pas la réalité écrite. Ces pensées morbides qui polluent mon cerveau se dissolvent quand je les couche sur le clavier. C’est très libérateur finalement. Je me mets à nu, je crie au monde voilà qui je suis, voilà ce que je pense, confortablement cachée par l’anonymat. Je vais mal, je suis pleine d’une tristesse qui m’étouffe. C’est banal. A travers mes mots, je deviens spectatrice de ma propre souffrance.
J’ai l’impression d’être de trop sur cette planète, comme si je n’y avais pas ma place. J’aime que tout soit à sa place, chaque chose à sa place. Quelle est ma place ? C’est débile de penser ainsi, je ne suis pas une chose, je ne suis pas un objet que l’on peut ranger, compartimenter. Et pourtant j’ai toujours plus ou moins ressentie cette sensation dans ma vie. Quand je vais bien cette douleur se cache sous un tas de petites satisfactions mais dès qu’un pépin survient dans mon existence, ce sentiment englobe tout.
Est-ce que ça vient du fait que ma mère ne m’aime pas ? Est-ce ma faute ? Ne suis-je pas quelqu’un « d’aimable » ? C’est faux bien sur. Des personnes m’ont aimée et m’aiment qui sont bien plus importante pour moi d’ailleurs que ma propre mère qui est la personne la plus névrosée que je connaisse. Je sais qu’elle est incapable d’aimer car elle a atteint depuis longtemps le point de non retour dans sa tête. Malgré tout, le fait qu’elle m’ait abandonnée quand j’avais cinq ans, d’être partie comme ça, un jour sans me prévenir, sans m’expliquer pourquoi elle partait, a fracturé mon moi intérieur si profondément qu’il a créé en moi ce sentiment d’abandon perpétuel. Si seulement on m’avait expliquée pourquoi elle devait partir. Tout simplement parce qu’elle n’arrivait plus à vivre avec mon père, qu’elle fuyait ses responsabilités parce qu’elle n’y arrivait plus, tout simplement, peut-être alors aurais-je compris que ce n’était pas ma faute, que ce n’était pas moi qu’elle abandonnait mais sa vie à elle. A cinq ans, pensant me protéger, on ne m’a rien dit, pour mon bien on n’a pas répondu à mes questions, pour me protéger de sa folie on m’a laissé croire qu’elle avait disparu. Je n’en veux à personne de ne pas m’avoir expliqué cela. Les adultes qui m’entouraient étaient si désemparés eux-mêmes, si accablés par cette fuite, qu’ils ne pouvaient pas répondre à mes questions. Les non-dits étaient censés me protéger, ils n’ont fait que développer mes doutes sur le bien fondé de mon existence même.
A présent mon père est mort, depuis un an et sa mort me dévaste. Il me manque douloureusement. Quand il était là, j’avais souvent des reproches à lui faire. Je me trouve tellement mesquine à présent. Je sais qu’il m’aimait et je sais qu’il savait que je l’aimais mais je m’en veux de ne pas avoir accepté l’homme qu’il était. Il était mon père et quand j’étais enfant je l’admirais tellement, je le trouvais si beau, si intelligent, si parfait, je l’aimais tellement quand j’étais enfant… Et en grandissant je l’ai moins aimé. Et je m’en veux. Maintenant il est mort et je vis sa mort comme un nouvel abandon. Bien sûr qu’il n’était pas parfait mais qu’est-ce que ça veut dire « parfait » ?
J’aurais dû l’accepter comme il était et non comme le père que j’aurais aimé avoir. Les gens sont comme ils sont. Encore cette obsession d’être conforme à une certaine image que je me fais d’eux. Je devrais arrêter d’être si conformiste.
J’ai l’impression d’être de trop sur cette planète, comme si je n’y avais pas ma place. J’aime que tout soit à sa place, chaque chose à sa place. Quelle est ma place ? C’est débile de penser ainsi, je ne suis pas une chose, je ne suis pas un objet que l’on peut ranger, compartimenter. Et pourtant j’ai toujours plus ou moins ressentie cette sensation dans ma vie. Quand je vais bien cette douleur se cache sous un tas de petites satisfactions mais dès qu’un pépin survient dans mon existence, ce sentiment englobe tout.
Est-ce que ça vient du fait que ma mère ne m’aime pas ? Est-ce ma faute ? Ne suis-je pas quelqu’un « d’aimable » ? C’est faux bien sur. Des personnes m’ont aimée et m’aiment qui sont bien plus importante pour moi d’ailleurs que ma propre mère qui est la personne la plus névrosée que je connaisse. Je sais qu’elle est incapable d’aimer car elle a atteint depuis longtemps le point de non retour dans sa tête. Malgré tout, le fait qu’elle m’ait abandonnée quand j’avais cinq ans, d’être partie comme ça, un jour sans me prévenir, sans m’expliquer pourquoi elle partait, a fracturé mon moi intérieur si profondément qu’il a créé en moi ce sentiment d’abandon perpétuel. Si seulement on m’avait expliquée pourquoi elle devait partir. Tout simplement parce qu’elle n’arrivait plus à vivre avec mon père, qu’elle fuyait ses responsabilités parce qu’elle n’y arrivait plus, tout simplement, peut-être alors aurais-je compris que ce n’était pas ma faute, que ce n’était pas moi qu’elle abandonnait mais sa vie à elle. A cinq ans, pensant me protéger, on ne m’a rien dit, pour mon bien on n’a pas répondu à mes questions, pour me protéger de sa folie on m’a laissé croire qu’elle avait disparu. Je n’en veux à personne de ne pas m’avoir expliqué cela. Les adultes qui m’entouraient étaient si désemparés eux-mêmes, si accablés par cette fuite, qu’ils ne pouvaient pas répondre à mes questions. Les non-dits étaient censés me protéger, ils n’ont fait que développer mes doutes sur le bien fondé de mon existence même.
A présent mon père est mort, depuis un an et sa mort me dévaste. Il me manque douloureusement. Quand il était là, j’avais souvent des reproches à lui faire. Je me trouve tellement mesquine à présent. Je sais qu’il m’aimait et je sais qu’il savait que je l’aimais mais je m’en veux de ne pas avoir accepté l’homme qu’il était. Il était mon père et quand j’étais enfant je l’admirais tellement, je le trouvais si beau, si intelligent, si parfait, je l’aimais tellement quand j’étais enfant… Et en grandissant je l’ai moins aimé. Et je m’en veux. Maintenant il est mort et je vis sa mort comme un nouvel abandon. Bien sûr qu’il n’était pas parfait mais qu’est-ce que ça veut dire « parfait » ?
J’aurais dû l’accepter comme il était et non comme le père que j’aurais aimé avoir. Les gens sont comme ils sont. Encore cette obsession d’être conforme à une certaine image que je me fais d’eux. Je devrais arrêter d’être si conformiste.
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