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28 septembre 2010

Bright star de Jane Campion

C’est une œuvre lumineuse sur l’amour. Jane Campion est de ces cinéastes qui vous transportent littéralement dans la passion. Ses personnages vous entraînent dans la démesure de l’amour. A travers sa vision, vous entrez dans l’être même de ses héros. Vous pouvez presque sentir leur souffle sur votre peau. Jane Campion est de ces artistes qui vous rappellent ce qu’est l’amour dans ce qu’il a de plus charnel, de plus sensuel et à la fois de plus humain. Pourtant dans Bright Star, contrairement à la Leçon de piano ou In the cut, l’amour physique n’est pas dévoilé, mais les sentiments qui unissent Fanny Brawne à John Keats sont d’autant plus fort que le temps leur est compté, que l’on sait la fin de John Keats inéluctable. Mais en plus d’être une cinéaste de l’Amour, Jane Campion maîtrise parfaitement l’esthétisme de ses films. Les plans sont aussi beaux que des peintures. J’admire son travail car aucun de ses films, que l’on aime ou non, ne laissent indifférent.
Keats, dont la vie fut si courte, a laissé derrière lui une œuvre forte et sans compromissions. Deux siècles séparent Campion et Keats, et pourtant, à travers un film, ils se lient l’un à l’autre, rencontre quasi obligatoire pour deux artistes qui partagent la même vision d’un monde douloureux, ou les faux semblants et les compromis enchaînent les humains entre eux et dont il faut absolument se défaire pour gagner sa liberté, même au prix le plus fort.
Keats dont l’épitaphe qu’il a choisit lui-même révèle parfaitement l’être humain complexe qu’il était :
Ci-gît quelqu’un dont le nom fut écrit sur l’eau.

30 juin 2010

La boule au ventre

Rien ne s’arrange. Si ce n’est l’amour que je porte à mes enfants, je crois bien que j’en finirai. L’existence me pèse de plus en plus. Je ne suis pas adaptée à cette société. Le monde me fait peur et je ne trouve ma place nulle part. Je deviens agoraphobe. Sortir de chez moi et affronter le climat de crise, d’angoisse et d’incertitude qui règne me terrifie de plus en plus. Je n’ai pourtant pas l’impression que je suis plus bête qu’une autre, ni que je ne vaux rien, non ce n’est pas ça, c’est l’agressivité qui domine, les conflits sous-jacent, les mesquineries et les petites méchancetés quotidiennes qui m’angoissent. Je suis restée loin du monde trop longtemps. Enfermée dans ma bulle, je regarde étonnée un monde qui m’échappe.

16 avril 2010

Jeanne

Ma grand-mère, Jeanne, est morte le 17 Avril 1991. En la perdant, une part de moi est morte. Elle a été le premier visage de ma vie, le premier amour, le plus grand avec mes enfants. Elle était la bonté et la tendresse, les bras qui réconfortent, la main tendue quand il n’y a plus personne. Elle était ma joie et mon bonheur. Je l’aimais tant que cet amour me donnait des ailes. Mes ailes sont tombées quand elle m’a quittée. Sa générosité, son empathie, sa bonté et même ses colères sont légendaires dans ma famille. Elle était le pilier sur qui tout le monde s’appuie. Sa vie n’a été qu’amour, partage, drame et don de soi. Elle a connu, la mort de son fils, la guerre, la misère, le travail pénible de l’usine, le quotidien de ces femmes qui donne toute leur vie à ceux qu’elle aime. Elle était un volcan de tendresse. Je pouvais tout lui dire, même les conneries. Elle ne me jugeait jamais, désapprouvait, s’inquiétait, me conseillait mais jamais ne me jugeait. J’avais une telle confiance en elle. C’est fondamental pour un enfant de pouvoir parler à l’adulte qui l’élève sans crainte de représailles terribles. Elle me protégeait et m’aimait. Grâce à elle je me sentais belle, intelligente, sure de moi. Elle jouait tous les rôles dans ma vie : elle était ma mère, mon père, ma grand-mère, ma meilleure amie. En la perdant j’ai perdue mes repères. Je n’avais que 21 ans, j’ai due me reconstruire seule. J’étais trop jeune. J’avais les bases mais je n’avais pas fini de grandir. Aujourd’hui, je n’ai plus de grand-mère, de père, de grand père, je suis orpheline. Aujourd’hui j’ai mes enfants, mon frère, mon mari, mes amis. C’est une belle famille mais pas un jour ne passe sans que je ne pense à elle, Jeanne, ma mémé , mon amour. J’espère être un dixième de la personne qu’elle était .Elle n’a connue que ma fille aînée. Elle en était folle. Je parle d’elle si souvent à mes enfants qu’elles ont l’impression de la connaître. C’était quelqu’un de remarquable, d’exceptionnel. Demain il y aura 19 ans qu’elle nous a quittés.

1 avril 2010

22 ans

Aujourd’hui il y a 22 ans que je suis amoureuse de mon homme. 22 ans d’amour, d’incertitudes, de doutes, d’amour renaissant, de complicité. Nous avons quatre filles, une vie remplie d’espoir et de galères, une vie ensemble. Je l’ai connu à 18 ans et je n’ai cessé de l’aimer depuis. Il me rassure quand j’ai peur, il est le chêne sur lequel je m’appuie, je suis la femme de ses rêves, il dit qu’il mourrait sans moi. J’ai l’impression que sans lui je suis perdue, il me dit que la famille ne tient debout qu’avec moi. On se complète, on est un couple. Et pourtant on vit nos vies séparément, il a ses copains, sa musique, ses sorties entre potes, j’ai mes amis, mon ciné, le théâtre, les livres, mes rêveries, ma solitude. On ne se marche pas dessus, on ne s’étouffe pas. Nous ne sommes pas de ces couples fusionnels qui ne peuvent rien faire l’un sans l’autre, on ne l’a jamais été. Notre indépendance est la sauvegarde de notre couple. J’apprécie quand il n’est pas là, j’ai le cœur qui bat quand il revient. Pour lui c’est pareil, je crois, c’est ce qui fait notre force. Nous nous aimons avec nos défauts, les qualités c’est faciles de les apprécier mais les défauts, il faut les accepter, donc voilà, aujourd’hui il y a 22 ans que je t’aime.

18 mars 2010

Ma fille a 21 ans

Aujourd’hui ma fille aînée a 21 ans. Le jour de sa naissance, j’avais dix neuf ans, la maturité d’une gamine de 12 ans, l’expérience d’une ado délurée et pourtant je me suis sentie irrésistiblement envoûtée, débordante d’un amour incomparable à tout ce que j’avais pu ressentir dans ma courte vie. Ce minuscule nourrisson a envahi ma vie, mon être, est devenue le centre de mon univers. Quand elle a ouvert ses yeux de taupe myope, d’un bleu extraordinaire, son regard rivé au mien je crois qu’elle m’a reconnue. C’est débile, je sais, toutes les mères pensent ça, mais nous étions véritablement connectées elle et moi. Nous avons grandi en même temps. Elle a rendu le chemin plus facile pour ses trois petites sœurs. Elle est ma lumière, mon soleil. J’ai beaucoup de chance, j’ai des enfants extraordinaires. Elles me supportent et c’est déjà beaucoup !

9 février 2010

Mes enfants

Toujours fatiguée, épuisée parfois, je traîne mon corps comme un boulet. Les problèmes d’argent me rongent le peu de cervelle qui me reste quand à mes doutes sur mon existence ils augmentent avec mon déficit budgétaire. Mes filles sont des amours mais parfois, comme tous les enfants, elles me poussent dans les limites les plus extrêmes de la patience et je suis détestable avec elles. Je leur hurle dessus puis je m’en veux. J’ai l’impression qu’elles me puisent toute mon énergie, que je suis leur chose et qu’elles me vampirisent totalement. Je suis pourtant patiente, à leur écoute, d’une grande complicité avec elles mais ce n’est jamais assez. J’impose néanmoins des limites mais trouver l’équilibre est ce qu’il y a de plus difficile. Suis-je une bonne mère, je ne sais plus.
 

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