17 février 2010

Musées de Paris

Partir est le meilleur des antidépresseurs. Paris me dynamise, Paris m’enchante, Paris m’épuise. J’en reviens toujours épuisée mais satisfaite, comme après l’amour.
Je suis allée à L’Orangerie. Je suis amoureuse des Nymphéas. La couleur m’enivre, les coups de pinceaux me chavirent le cœur, l’émotion que je ressens alors frise l’orgasme.
J’ai retenu mes larmes devant les œuvres de Maurice Utrillo. Ces façades blanches, ces ciels gris, ces personnages voûtés, m’ont fait ressentir la dimension humaine dans tout ce qu’elle a de perdue, d’abandonnée. Le désespoir de l’homme a empli mon âme d’une infinie tristesse mais en même temps la beauté toute simple de ces tableaux m’a enchantée. Je n’arrive pas à trouver les mots justes pour décrire l’émotion ressentie devant ces ruelles d’un Paris disparu.
Puis vint le choc, littéralement devant les œuvres de Chaim Soutine. Là c’est un coup de poing en pleine figure ! La violence, les couleurs crues, les carcasses étalées, les chairs mises à nu, que dire sur Soutine qui n’ait pas été dit ? C’est un peintre de la démesure qui prend aux tripes et qui renvoie à la figure notre propre violence intérieure. Nous avons tous au fond de nous cette folie assassine, le rouge sang de nos cauchemars. Ces visages grotesques, cette laideur dissimulée sous le maquillage de la civilisation, tous ces personnages, mis en scène par un Soutine libéré de l’hypocrisie, m’ont marquée profondément. Soutine où le lyrisme désespéré, il n’y a plus rien à dire, tout est dit dans cette phrase.
Après de telle émotions Matisse m’a fait un bien fou. Sa peinture a été une bouffée d’oxygène, un havre de fraîcheur, la beauté de ces tableaux, les couleurs employées, les femmes mises en scène dans leur intimité m’ont apaisé le cœur et l’esprit après la bourrasque provoquée par Utrillo et Soutine.

Je suis ensuite allée au musée Gustave Moreau. L’hôtel particulier de l’artiste transformé en atelier est une pure merveille. Il est pour moi comparable à l’esprit humain dans le sens où le premier étage, l’appartement du peintre est un lieu confiné, étroit, rempli de tableau, de meubles, de tout ce qui fait un quotidien, où l’humain côtoie l’humain, entretient des rapports avec l’autre ; puis un premier étage où là c’est le choc : un atelier immense semblable à l’esprit de l’artiste où des toiles magnifiques explosent dans des couleurs somptueuses. On ne sait plus où regarder, le choc est trop grand. On s’assoit et on admire. Mais comme l’esprit humain, l’atelier est vaste, la visite n’est pas finie. Il reste un dernier étage et… c’est la démesure. Les tableaux, partout, nous dévoilent des beautés que l’on n’avait imaginé qu’en rêve. C’est un univers quasi irréel où la magie de la couleur nous emporte loin de toute réalité. Je suis sortie du musée heureuse et comblée. La peinture m’apporte des émotions merveilleuses et me fait me sentir vivante.
Demain je parlerai des rencontres que j’ai faites. C’est une toute autre vision de la vie mais ça en vaut le coup !

1 commentaire:

  1. donc, lors de ma prochaine visite à Paris, direction l'orangerie !!!! `Moi aussi, je veux voir Soutine et Ultrillo et ne pas mourir complètement idiote

    RépondreSupprimer

 

Les cris intimes Copyright © 2009
Fashionzine is Designed by Ipietoon for Bie Blogger Template
In Collaboration With Teen Celebrities